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Fumer en terrasse : n on ce n’est pas interdit (sauf dans 4 cas)

Par l’équipe LittleBill  ·  4 min de lecture

Bonne nouvelle : le décret de juin 2025 ne touche pas votre terrasse. Moins bonne : quatre situations la font basculer quand même. Et la plus coûteuse arrive avec l’hiver.

Chaque été, la rumeur repart. « C’est fini, on ne fumera plus en terrasse. » Un client vous pose la question, un confrère jure que si, et vous n’avez pas trois heures à passer dans le Journal officiel. Allons droit au but.


Votre terrasse n’est pas dans la liste

Le décret du 27 juin 2025 a bien élargi les espaces sans tabac. Il en cite huit : parcs et jardins publics, plages en saison balnéaire, zones d’attente des voyageurs, abords des écoles, des bibliothèques et des équipements sportifs.

Les terrasses de cafés et de restaurants ? Absentes. Le mot n’apparaît même pas dans le texte. Vous pouvez le lire vous-même, il fait dix lignes. Et la communication du gouvernement n’en dit pas plus.

Détail au passage : tout le monde a retenu le 1er juillet. La vraie date, c’est le 29 juin. Le 1er juillet, c’était l’annonce.

 

Les 4 cas qui changent la donne

 

Une règle peut quand même vous rattraper. Elle tient en une phrase : « Le périmètre […] est défini comme la zone de l’espace public comprise dans un rayon de dix mètres à partir des accès publics des lieux concernés. » (Arrêté du 21 juillet 2025)

Dans les 10 mètres :

  • D’une école : Ou de tout lieu accueillant des mineurs. Seulement aux heures d’ouverture : le soir, c’est fini.
  • D’une bibliothèque ou d’un stade : Même règle. Un club-house et sa terrasse sont dedans.
  • Sur une plage : Là, pas de rayon : toute la plage. Paillotes comprises.
  • Toute l’année : Une buvette ou un kiosque dans un parc est concerné.

Et voici la précision que presque personne ne relaie. Le texte dit « espace public ». Votre terrasse est sur le trottoir, avec une autorisation d’occupation ? Elle compte. Elle est sur votre propre terrain ? Elle ne compte pas, même à cinq mètres de l’école. Le GHR est très clair là-dessus. Jetez quand même un œil aux arrêtés de votre mairie.

 

Le vrai piège arrive en novembre

Celui-là n’a rien à voir avec le décret

 

Une terrasse couverte et fermée n’est plus une terrasse : c’est une salle. Et dans une salle, on ne fume pas, depuis 2008. La circulaire de l’époque ne laisse que deux options : rien au-dessus, et vous pouvez fermer les côtés ; ou un toit, mais la façade grande ouverte. Dans les deux cas, une cloison entre la terrasse et votre salle.

La Cour de cassation a tranché en 2013, et sans nuance : côtés + façade + toit = lieu fermé, « même si une aération partielle a été prévue ». Le jour de trois centimètres entre la bâche et le châssis ne vous sauvera pas. Le store banne descendu non plus.

Ce que ça coûte si ça tourne mal

 

Mise à jour que beaucoup ont manquée : depuis janvier 2025, l’amende a changé de catégorie.

  • 135€ d’amende forfaitaire
  • 375€ si vous tardez à payer
  • 750€ maximum devant le juge

Ces montants ne visent pas que le fumeur. Vous risquez la même chose dans trois cas : pas de panneau, un espace fumeurs non conforme, ou un coup de pouce à l’infraction. Un cendrier oublié sur une table en zone sans tabac, c’est le troisième cas.

Vos anciens panneaux restent bons, à condition d’afficher l’interdiction, le numéro de Tabac info service, la référence du texte et les sanctions. Et le vapotage n’a pas bougé : toujours autorisé en terrasse.

 

Et si vous le décidiez vous-même ?

 

Rien ne vous en empêche. Tabac info service le dit noir sur blanc : votre terrasse ouverte, vos règles. La question n’est donc pas juridique. Elle est commerciale.

Dans un sondage OpinionWay pour l’association DNF, réalisé fin juin 2026 auprès de 1 012 personnes93 % des Français ne se disent pas opposés à des terrasses sans tabac. Et 31 % affirment qu’ils y viendraient plus souvent.

Prudence quand même : une intention déclarée n’est pas un ticket de caisse. Le chiffre solide, c’est la prévalence — un quart des adultes fume, d’après Santé publique France. Vous arbitrez entre ce quart et les trois autres.

 

Si vous tentez le coup, la charte « Ma terrasse sans tabac » est gratuite et vous cadre : plus de cendriers, une équipe qui sait l’expliquer. Et surtout, dites-le. Sur votre fiche Google, sur vos photos. Sinon vos clients le découvriront une fois assis — le pire moment. LittleBill centralise justement ces mises à jour.