Secteurs de la franchise en croissance en 2026
Secteurs de la franchise · Commerce

Secteurs de la franchise : lesquels progressent en 2026, lesquels décrochent

Par l’équipe LittleBill · 4 min de lecture

Tous les secteurs de la franchise ne vont pas dans le même sens. En 2025, le chiffre d’affaires a grimpé de 4,9 %, alors que le nombre de réseaux reculait de 2,5 %. En effet, les deux chiffres racontent la même histoire.

Peut-être hésitez-vous à rejoindre une enseigne. Ou bien vous regardez simplement ce qui se passe chez le voisin qui vient de signer. Dans tous les cas, les chiffres 2025 publiés par la Fédération française de la franchise méritent mieux qu’une lecture en diagonale.


Le modèle tient, mais il se concentre

Commençons donc par trois chiffres. Ensuite, nous verrons pourquoi la conclusion n’est pas celle qu’on lit partout.

+4,9 %de chiffre d’affaires, à 93,7 Md€
+2,9 %de points de vente, à 93 395
−2,5 %de réseaux, à 2 035 enseignes

Ainsi, il y a plus de magasins et plus de chiffre d’affaires, mais moins d’enseignes. Autrement dit, les réseaux qui survivent grossissent, tandis que les autres disparaissent ou se font absorber. Par conséquent, la question change pour un candidat. En effet, il ne s’agit plus de choisir un secteur porteur, mais d’éviter un réseau fragile dans un secteur porteur.

Pizzaiolo garnissant des pizzas derrière la vitre d'un comptoir

Les secteurs de la franchise qui progressent

+18,6 %

Formation

De loin la plus forte progression, mais sur une base très étroite : 394 points de vente en tout.

+9,6 %

Services aux personnes

Plus de 10 000 points de vente. Le vieillissement de la population porte la demande.

+9,3 %

Restauration rapide

Deuxième secteur en poids, avec 12,1 % du chiffre d’affaires total de la franchise.

+9,2 %

Hôtellerie

Une reprise confirmée, mais avec des tickets d’entrée sans commune mesure avec le commerce.

Attention toutefois au piège du pourcentage, en particulier sur la formation. Par exemple, passer de 0,11 à 0,13 milliard d’euros donne un joli +18,6 %, alors que ce secteur pèse 0,14 % du total. L’alimentaire, en revanche, représente à lui seul 33,8 % du chiffre d’affaires de la franchise française. Donc une croissance modeste y déplace bien plus d’argent qu’un bond spectaculaire ailleurs.

Les secteurs de la franchise qui décrochent

À l’inverse, trois activités reculent nettement : les voyages perdent 10,6 % de chiffre d’affaires, l’équipement de la personne 3,0 % et l’immobilier 2,3 %. Or le cas de la mode n’a rien d’accidentel.

L’habillement, le textile et la chaussure ont perdu 14 000 établissements et 45 000 emplois entre 2014 et 2024.

Sénat — Face à la décommercialisation, réinventer le commerce physique

En effet, une enseigne de mode ne compense pas dix ans d’érosion avec une bonne année. Donc, si un réseau de ce secteur vous démarche avec des projections flatteuses, demandez-lui plutôt le nombre de fermetures dans son propre parc sur trois ans. Cette réponse est d’ailleurs plus parlante que n’importe quel prévisionnel.

Portants de robes et sacs en paille dans une boutique de prêt-à-porter

Ce que ces chiffres ne vous disent pas

Voilà cependant la limite que tous les palmarès escamotent. Ces données mesurent la santé des réseaux, et non la rentabilité des franchisés. Ainsi, un secteur peut afficher +9 % pendant que les franchisés d’une enseigne donnée voient leur marge se réduire, parce que le réseau ouvre trop vite et rapproche les zones de chalandise. Bref, les secteurs de la franchise se jugent réseau par réseau.

D’après Altares, les défaillances d’entreprises ont par ailleurs progressé de 5,4 % au deuxième trimestre 2026, et ce sont les TPE de moins de trois salariés qui encaissent le plus. Or un franchisé isolé reste une TPE.

Par ailleurs, aucune donnée publique française ne compare la mortalité des franchisés à celle des indépendants. Méfiez-vous donc de quiconque vous affirme le contraire avec un chiffre précis.

Trois questions avant de signer

  1. D’abord, exigez le document d’information précontractuelle. En effet, la loi impose au franchiseur de vous le remettre vingt jours au moins avant la signature. Il doit contenir l’état du réseau, les départs et les fermetures. Ainsi, un franchiseur qui traîne à le fournir vous dit déjà quelque chose.
  2. Ensuite, faites la somme des redevances. Droit d’entrée, redevance d’exploitation, redevance publicitaire : additionnez tout, puis appliquez le total à votre prévisionnel de chiffre d’affaires, et non à celui du réseau.
  3. Enfin, appelez trois franchisés sortants. Pas ceux que l’enseigne vous propose, mais ceux qui sont partis. Le DIP vous donne d’ailleurs leurs coordonnées.
Mains d'une femme annotant un document au stylo sur un bureau blanc

Un dernier point, valable dans les deux cas de figure. D’un côté, rejoindre un réseau vous donne une marque, une charte et des outils marketing déjà prêts. De l’autre, rester indépendant vous oblige à les assembler vous-même. Cependant, la visibilité locale se travaille commerce par commerce dans les deux situations. En effet, aucune enseigne ne remplira votre fiche d’établissement Google à votre place, et c’est pourtant elle qui décide de votre place dans le pack local.

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